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Sophie Mouton

Médiation culturelle et valorisation du patrimoine

Keyword: reconversion

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mardi 14 octobre 2008

La reconversion des bâtiments industriels en musées

La réaffectation de bâtiments en musées est très fréquente : églises, châteaux, gares, hôtels particuliers, etc. sont rénovés, transformés parfois, pour accueillir au mieux collections et publics. Les lieux de l'industrie connaissent eux aussi ce phénomène : l'engouement pour leurs architectures est particulièrement marqué depuis quelques années. Les bâtiments industriels offrent souvent des volumes importants et neutres, ce qui leur confère une flexibilité et une souplesse qui faciliteront leur reconversion en lieu de conservation et d'exposition.

À première vue, le devenir de ces usines, entrepôts, centrales électrique, thermique, docks est tout tracé. S'ils doivent être musées, alors ils seront écomusées, musées de société, musées de sciences et techniques. Car la protection de ce bâti résulte généralement d'un souci patrimonial : il faut préserver un témoin important d'une activité passée. L'écomusée de l'Avesnois, à Fourmies, installé dans l'ancienne filature Prouvost-Masurel en est un exemple réussi. Le futur musée de site du Familistère s'inscrit également dans cette volonté de donner du sens à l'architecture conservée. Installé sur un ancien charbonnage reconverti par l'architecte Jean Nouvel, le Parc d'aventure scientifique et social, s'attache à transmettre une culture technique et scientifique.

Mais d'autres exemples, peut-être plus audacieux, nous montrent aussi que ces bâtiments industriels peuvent trouver un nouveau souffle en accueillant des propos bien différents. Déjà, avec le centre Pompidou, Piano et Rogers s'étaient inspirés de cette architecture pour créer un nouveau lieu pour l'art moderne. À Londres, la Tate Modern est allée plus loin : l'art européen du XXe siècle est conservé et exposé dans la Bankside Power Station, ancienne centrale électrique réaménagée par Jacques Herzog et Pierre de Meuron. Le Grand Hornu, cité ouvrière belge construite entre 1820 et 1835 par l'industriel Henri Degorge, laissé à l'état de friches dans les années 1950 a lui aussi trouvé une deuxième vie en devenant Musée des Arts Contemporains : le MAC's.

Qui désormais pourra affirmer que l'art contemporain nécessite une architecture contemporaine, que l'art ancien est mieux mis en  valeur dans un bâtiment historique... L'architecture industrielle peut entrer en résonance avec des contenus variés, si le projet est réfléchi. Car le risque est grand de dénaturer ce patrimoine en le réduisant à une simple coquille vide.

lundi 1 septembre 2008

La coutellerie du Prieuré (Vienne)

Une fois n'est pas coutume, j'attire aujourd'hui votre attention sur un site que je n'ai encore jamais visité ! Dans le département de la Vienne, au nord de Poitiers, se trouve une coutellerie fondée en 1838 par les frères Mermilliod et qui restera en activité jusqu'aux années 1980. Laissé à l'abandon, le site tombera en ruines jusqu'à l'arrivée d'un sculpteur en 2003, Arnaud Cohen.

A l'occasion des Journées du Patrimoines, les 20 et 21 septembre 2008, il vous ouvre grand ses portes pour vous faire découvrir les installations et sculptures de neuf autres artistes venus de la région Poitou-Charentes mais également du Mans, de Limoges et de Montpellier.

Quand l'art vient à la rescousse de l'architecture industrielle ...

Pour en savoir plus sur la programmation ou sur les lieux.

Pour ceux qui auront l'occasion de se balader dans le Pays Châtelleraudais, n'hésitez pas à nous rapporter vos impressions et vos commentaires !

jeudi 1 mai 2008

« Des machines et des Dieux »

Lorsqu'on pense à Rome, son architecture et ses musées, on pense rarement au patrimoine industriel. Et pourtant ! Au détour de mes lectures, j'ai découvert un site tout à fait étonnant : à la fois antenne des fameux musées du Capitole et centrale thermoélectrique du début du XXe siècle : la Centrale Montemartini.

En 1997, alors que les musées capitolins sont en pleine réorganisation, on déménage les chefs d'œuvre antiques qu'ils abritent. Pour ne pas les soustraire à la vue des publics, on fait le choix d'exposer ces collections dans un lieu inédit : la première centrale électrique publique romaine (1912). Archéologie classique et archéologie industrielle ont donc été rapprochées pour former une exposition hors du commun : Des machines et des Dieux. Cette cohabitation curieuse entre outils de production et sculptures antiques a remporté un vif succès auprès des publics. Les odeurs de graisse, la sobriété architecturale des lieux mêlées à la force des œuvres antiques plongent les visiteurs dans un univers intéressant et les amènent à s'interroger : quels sont les divinités de notre XXIe siècle ?

Statues d'Hygée et d'Estia devant le tableau de manœuvre d'un moteur diesel
© Ville de Rome & Zètema Progetto Cultura.

En 2005 les travaux au sein des musées du Capitole sont terminés. Cette espace d'exposition à vocation temporaire aurait donc dû disparaître... Mais face à l'engouement du public, la Centrale Montemartini est devenu un espace permanent, membre du réseau des musées du Capitole. Elle abrite désormais les acquisitions les plus récentes de ces musées. Aujourd'hui, c'est toute la zone industrielle Ostiense Marconi, la plus ancienne de la capitale italienne (qui comprend outre la centrale électrique Montemartini, un abattoir, un gazomètre, des structures portuaires, l’ancienne usine Mira Lanza et les anciens marchés généraux), qui est en voie de reconversion : elle accueillera bientôt une cité des sciences et un campus universitaire.

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