Comment les objets de l'industrie trouvent-ils leur place dans les musées ? Pour répondre à cette question, je vous invite à lire un article paru dans la Lettre de l'Ocim il y a quelques années déjà mais qui est très complet et toujours d'actualité !

L'auteure, Bénédicte Rolland-Villemot, conservateur, rappelle les spécificités du patrimoine industriel, ainsi que ses contraintes intrinsèques. Protégé depuis les années 1960, sa nature et son gigantisme en font un patrimoine difficile à conserver et à mettre en valeur. L'auteure insiste sur l'importance de recontextualiser ce patrimoine pour lui donner tout son sens : la valeur de l'objet industriel réside avant tout dans le témoignage qu'il nous livre d'une activité, d'une époque. Elle met au jour quatre critères qui doivent guider les conservateurs dans leur choix d'inscrire ou non tel objet à l'inventaire :

  1. critère historique ;
  2. critère quantitatif de représentativité ;
  3. critère technologique ;
  4. critère symbolique.

Le patrimoine de l'industrie possède en effet une dimension immatérielle très importante. L'enjeu majeur pour les musées du XXIe siècle est d'ailleurs de restituer et de conserver des savoir-faire et non plus seulement des outils ou des architectures particulières.

Une muséographie dynamique et moderne doit permettre de restituer tous les messages de ce patrimoine : l'approche technicisite, qui replace les collections dans une histoire des techniques progressiste doit être complétée par une approche contextuelle, sans perspective historique, à l'image de celle présentée par les écomusées. Il est important de mettre en évidence le sens et les conséquences sociales de l'innovation technologique.

Ainsi la conservation des collections industrielles n'est pas le simple passage de la machine au musée. La valorisation de ce patrimoine passe d'abord par une nouvelle mise en perspective.

À lire

Collections industrielles et techniques : de la connaissance à la diffusion, un texte de Bénédicte Rolland-Villemot, paru dans la Lettre de l'Ocim n°73 en 2001.