Lorsqu'on pense à Rome, son architecture et ses musées, on pense rarement au patrimoine industriel. Et pourtant ! Au détour de mes lectures, j'ai découvert un site tout à fait étonnant : à la fois antenne des fameux musées du Capitole et centrale thermoélectrique du début du XXe siècle : la Centrale Montemartini.

En 1997, alors que les musées capitolins sont en pleine réorganisation, on déménage les chefs d'œuvre antiques qu'ils abritent. Pour ne pas les soustraire à la vue des publics, on fait le choix d'exposer ces collections dans un lieu inédit : la première centrale électrique publique romaine (1912). Archéologie classique et archéologie industrielle ont donc été rapprochées pour former une exposition hors du commun : Des machines et des Dieux. Cette cohabitation curieuse entre outils de production et sculptures antiques a remporté un vif succès auprès des publics. Les odeurs de graisse, la sobriété architecturale des lieux mêlées à la force des œuvres antiques plongent les visiteurs dans un univers intéressant et les amènent à s'interroger : quels sont les divinités de notre XXIe siècle ?

Statues d'Hygée et d'Estia devant le tableau de manœuvre d'un moteur diesel
© Ville de Rome & Zètema Progetto Cultura.

En 2005 les travaux au sein des musées du Capitole sont terminés. Cette espace d'exposition à vocation temporaire aurait donc dû disparaître... Mais face à l'engouement du public, la Centrale Montemartini est devenu un espace permanent, membre du réseau des musées du Capitole. Elle abrite désormais les acquisitions les plus récentes de ces musées. Aujourd'hui, c'est toute la zone industrielle Ostiense Marconi, la plus ancienne de la capitale italienne (qui comprend outre la centrale électrique Montemartini, un abattoir, un gazomètre, des structures portuaires, l’ancienne usine Mira Lanza et les anciens marchés généraux), qui est en voie de reconversion : elle accueillera bientôt une cité des sciences et un campus universitaire.