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Sophie Mouton

Médiation culturelle et valorisation du patrimoine

lundi 1 septembre 2008

La coutellerie du Prieuré (Vienne)

Une fois n'est pas coutume, j'attire aujourd'hui votre attention sur un site que je n'ai encore jamais visité ! Dans le département de la Vienne, au nord de Poitiers, se trouve une coutellerie fondée en 1838 par les frères Mermilliod et qui restera en activité jusqu'aux années 1980. Laissé à l'abandon, le site tombera en ruines jusqu'à l'arrivée d'un sculpteur en 2003, Arnaud Cohen.

A l'occasion des Journées du Patrimoines, les 20 et 21 septembre 2008, il vous ouvre grand ses portes pour vous faire découvrir les installations et sculptures de neuf autres artistes venus de la région Poitou-Charentes mais également du Mans, de Limoges et de Montpellier.

Quand l'art vient à la rescousse de l'architecture industrielle ...

Pour en savoir plus sur la programmation ou sur les lieux.

Pour ceux qui auront l'occasion de se balader dans le Pays Châtelleraudais, n'hésitez pas à nous rapporter vos impressions et vos commentaires !

vendredi 22 août 2008

Bernd et Hilla Becher au musée des Beaux-Arts de Nantes

De passage à Nantes, j'en ai profité pour visiter l'exposition "regarde de tous tes yeux, regarde", à l'affiche au musée des Beaux-Arts jusqu'au 12 octobre 2008.

Pour fêter les trente ans de la publication de la Vie mode d'emploi de Georges Perec, 70 œuvres d'artistes contemporains sont exposées, classées selon les quatre thèmes qui fondent le travail du célèbre écrivain, membre de l'Oulipo : le quotidien, la règle du jeu, l'autobiographie et le romanesque.

Parmi ces œuvres,il en est une qui a particulièrement retenue mon attention : Châteaux d'eau new-yorkais (1985), de Bernd et Hilla Becher. Ce couple de photographes allemands a passé toute la seconde moitié du XXe siècle à recenser les bâtiments industriels en voie de disparition, ici des châteaux d'eau, aujourd'hui obsolètes, qui dominaient les buildings américains. Leur travail d'abord salué par les historiens et les ingénieurs intéresse désormais les amateurs d'art : Bernd et Hilla Becher ne sont pas de simples documentalistes, mais des artistes aux codes bien établis.

© Bernd & Hilla Becher, Château d'eau, 1978

Leurs clichés en noir et blanc répondent à des normes précises : ils sont pris à la chambre et au téléobjectif, en hiver, sous un éclairage neutre, à lumière égale, sans végétation, sans arrière-plan ni présence humaine. Le cadrage est très resserré, le sujet centré.

Ces photographies sont réalisées à la manière d'un inventaire systématique du patrimoine industriel de l'Europe et des Etats-Unis. Répertoriées, elles sont par la suite classées par typologies : châteaux d'eau, hauts-fourneaux, silos, etc. Ainsi la rigueur du projet de Bernd et Hilla Becher renvoie-t-elle à la sobriété et à l'objectivité de leurs clichés.

L'œuvre du couple Becher est construite autour d'un protocole qui lui donne tout son sens. Leurs photographies peuvent donc être rapprochées du travail de Georges Perec et des règles d'écriture qu'il s'édictait.

Pour info, cette exposition a été montée en collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Dole. Vous pourrez donc la découvrir du 21 novembre 2008 au 21 février 2009 en Franche-Comté.

jeudi 1 mai 2008

« Des machines et des Dieux »

Lorsqu'on pense à Rome, son architecture et ses musées, on pense rarement au patrimoine industriel. Et pourtant ! Au détour de mes lectures, j'ai découvert un site tout à fait étonnant : à la fois antenne des fameux musées du Capitole et centrale thermoélectrique du début du XXe siècle : la Centrale Montemartini.

En 1997, alors que les musées capitolins sont en pleine réorganisation, on déménage les chefs d'œuvre antiques qu'ils abritent. Pour ne pas les soustraire à la vue des publics, on fait le choix d'exposer ces collections dans un lieu inédit : la première centrale électrique publique romaine (1912). Archéologie classique et archéologie industrielle ont donc été rapprochées pour former une exposition hors du commun : Des machines et des Dieux. Cette cohabitation curieuse entre outils de production et sculptures antiques a remporté un vif succès auprès des publics. Les odeurs de graisse, la sobriété architecturale des lieux mêlées à la force des œuvres antiques plongent les visiteurs dans un univers intéressant et les amènent à s'interroger : quels sont les divinités de notre XXIe siècle ?

Statues d'Hygée et d'Estia devant le tableau de manœuvre d'un moteur diesel
© Ville de Rome & Zètema Progetto Cultura.

En 2005 les travaux au sein des musées du Capitole sont terminés. Cette espace d'exposition à vocation temporaire aurait donc dû disparaître... Mais face à l'engouement du public, la Centrale Montemartini est devenu un espace permanent, membre du réseau des musées du Capitole. Elle abrite désormais les acquisitions les plus récentes de ces musées. Aujourd'hui, c'est toute la zone industrielle Ostiense Marconi, la plus ancienne de la capitale italienne (qui comprend outre la centrale électrique Montemartini, un abattoir, un gazomètre, des structures portuaires, l’ancienne usine Mira Lanza et les anciens marchés généraux), qui est en voie de reconversion : elle accueillera bientôt une cité des sciences et un campus universitaire.

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