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Sophie Mouton

Conservation et valorisation du patrimoine industriel

samedi 24 novembre 2007

Objet trouvé au fond d'un grenier

Il y a quelques mois, en fouinant dans le grenier de mes grands-parents, à Chavigny dans l'Aisne (Picardie), je suis tombée nez à nez avec un objet qui m'a tout de suite plu: un calorifère hygiénique sur lequel on peut lire la marque Léon Nanquette. Après avoir mené une petite enquête, j'ai découvert que Léon Nanquette avait été maire de Laon, entre 1919 et 1929. Renseignements pris, l'appareil de chauffage daterait lui aussi du début du XXesiècle... Le maire était-il aussi industriel? Où étaient implantées les fonderies Nanquette?

Amis blogueurs et amateurs de patrimoine industriel, j'ai besoin de vos lumières pour retracer l'histoire de ce bel objet, un peu rouillé!

Dessus du calorifère: fonte de fer

vendredi 5 octobre 2007

Valoriser le patrimoine industriel du Haut-Jura au Musée de la Lunette de Morez !

Dans quelques jours j'aurai quitté le grand Ouest et son industrie lourde, ses chantiers navals, son architecture portuaire pour le Jura et la petite ville de Morez. Je suis en effet chargée de la médiation culturelle au Musée de la lunette, musée de France qui a ouvert ses portes en 2003. Mais pourquoi la lunette à Morez?

Au XVIe siècle des ateliers s'implantent sur les bords de la Bienne au lieu-dit de la Combe Noire, utilisant l'énergie hydraulique. La famille Morel serait la première à s'y installer, elle laissera son nom à la ville de Morez. Morez va se développer au XVIIIe siècle du fait notamment de sa proximité avec la Suisse, en produisant des horloges et des clous. En 1796 un cloutier, Hyacinthe Caseaux a une idée: il utilise du fil de métal pour fabriquer des bésicles. C'est le début de la lunetterie morézienne, qui connaît son essor au milieu du XIXe siècle.

Morez, qui compte quelques 6000 habitants aujourd'hui, est donc pétrie d'histoire industrielle. Le musée de la Lunette a été conçu en collaboration avec les Musées des Techniques et Cultures Comtoises pour valoriser cette identité industrielle, pour développer un tourisme économique par l'aménagement culturel d'un territoire enclavé en fond de vallée.

Le musée de la Lunette appartient à un ensemble dédié à l'activité lunetière: Viseum. Il côtoie le syndicat professionnel de la lunetterie, un espace de recherche et développement et un magasin d'optique.

L'exposition permanente est divisée en plusieurs séquences. Le parcours débute par l'histoire locale et la mise en valeur des premiers savoir-faire: clouterie, horlogerie, émaillerie. Puis on évoque l'histoire des techniques en détaillant les différentes étapes de fabrication des lunettes en métal. Une place importante est faite à l'histoire sociale: des premiers paysans pluri-actifs aux immigrés du XXe siècle, qui sont les gens de la lunetterie? À l'étage est exposée une impressionnante collection d'arts décoratifs: des lunettes comme élément de parure et de représentation sociale. Enfin le musée aborde également l'histoire des sciences, en proposant de nombreuses manips': pourquoi porte-t-on des lunettes? Le musée programme en outre des expositions temporaires. A l'affiche en ce moment: "Visions du monde. Explorer, mesurer et cartographier le ciel".

Je vais beaucoup apprendre au sein de cette petite structure !

Pour en savoir plus sur l'industrie morézienne

  • Olivier, Jean-Marc, Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), 2004, ISBN 978-2735504800.

lundi 24 septembre 2007

Industria: l'esthétique des ruines industrielles

J'ai profité d'un passage sur Paris pour aller jeter un œil au travail d'Yves Marchand et de Romain Meffre, deux photographes attirés par les espaces désolés, les atmosphères de fin du monde...

Affiche Industria

Expo photo jusqu'au 6 octobre 2007, du mardi au samedi de 15h à 20h30
Galerie Kim Kennory, 22 rue des vertus, 75003 Paris

Cette visite dans une petite galerie du 3e arrondissement a été comme un voyage au cœur des bouleversements spatiaux de ces dernières années. L'historienne est évidemment tout de suite séduite. L'amatrice d'art n'est pas en reste: des gris, des verts, des bleus, des blancs rencontrent des couleurs plus chaudes - la rouille, la terre - pour laisser une impression de décadence, d'apocalypse, de silence. La désindustrialisation est bien la fin d'un monde.

Yves Marchand et Romain Meffre nous offrent une rétrospective de leur œuvre, qui les a conduit à travers le monde: ex-RDA, USA, Belgique, France, Italie... À découvrir!

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